Parole, parole, parole
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Violence verbale dans la communication sociale

Notre proposition de communication se fonde sur une approche de la communication sociale selon plusieurs entrées :
1. Le statut et le pouvoir de la parole dans la communication sociale. Nous nous intéresserons à la publicité de prévention et à son contenu essentiellement menaçant qui contextualise des réalités sociales volontairement refoulées.
2. L’étude du fonctionnement du langage publicitaire. L’accent sera mis sur l’interaction des moyens langagiers, iconiques et verbaux, mis en œuvre dans la publicité préventive.
3. La dimension pragmatique et les actes du langage mis en œuvre dans plusieurs publicités actuelles. Notre but sera de repérer en quoi ces publicités font violence et d’analyser où se loge la violence verbale.
Selon le Petit Robert « Faire violence » revient à « agir sur quelqu’un ou le faire agir contre sa volonté ». Ne s’agit-il pas justement de la publicité qui agit sur la cible et veut la faire (ré)agir ? La publicité préventive, dans sa dimension socioculturelle, s’approprie le concept de violence qui se manifeste aussi bien au niveau verbal qu’iconique. Elle dérange et est perçue comme acte menaçant tout en ayant une fonction pragmatique et un objectif clairement définis : ces productions langagières visent à agir sur la société et à la faire réagir. En s’appuyant sur des faits prouvés, la publicité préventive nous met face à la réalité, tente de nous sensibiliser en nous impliquant directement et contre notre volonté.
L’analyse du contexte d’énonciation sera abordée dans sa dimension sociolinguistique cernant les contours langagiers afin de rendre compte des relations entre la langue et la société. La communication sociale a pour objectif de lutter contre les maux sociaux présents dans toute société et de promouvoir les valeurs collectives nécessaires à toute société. Les campagnes de prévention nous confrontent à cette réalité en nous exposant à des images violentes. Pensons par exemple aux campagnes de la sécurité routière, de la ligue contre le cancer ou le tabagisme, ou encore de la lutte contre le SIDA. Comment l’argumentation préventive arrive-t-elle à avoir un impact sur le destinataire tout en actualisant les fondements de l’opinion publique ? La parole dans la communication sociale est contrainte d’opérer un déplacement de la perception en utilisant des moyens langagiers spécifiques et différents de ceux de la publicité commerciale. Il ne s’agit pas d’empêcher de dire, mais plutôt d’obliger à dire, dans le but de rendre responsable chacun et de le faire participer au bien-être collectif.
Nous nous interrogerons sur la nature du discours préventif issu de la (post-)modernité et sur les moyens langagiers mis en œuvre dans la publicité sociale. Le langage publicitaire sera considéré comme un discours mixte dans lequel différents codes coexistent, ils ne sont pas juxtaposés, mais fusionnés. Le code visuel se distingue en éléments iconiques et textuels, et le code sonore en énoncé acoustique et énoncé parlé. Nous démontrerons par quels moyens ces interactions arrivent à s’inscrire dans une dynamique langagière particulièrement déroutante faisant naître une prise de conscience collective sur les thèmes abordés. Cette dynamique langagière se concrétise, à l’intérieur du discours préventif, à travers des mécanismes interlocutifs qui se réalisent et s’actualise aussi bien au niveau verbal qu’au niveau non verbal et para-verbal.
D’un point de vue pragmatique, nous parlerons des actes de parole, explicites et implicites, s’inscrivant dans un mouvement d’interactions conflictuelles à plusieurs niveaux. A l’idée de la rupture qui implique la destruction de quelque chose pour reconstruire, on préfère la notion de conflit qui est plus dialogique et dialectique car elle fait référence à une prise de distance réflexive. On retrouvera ainsi, selon notre définition, le fait d’« agir sur quelqu’un » dans le discours préventif auquel nous sommes confrontés et celui de « faire agir quelqu’un contre sa volonté » dans la confrontation explicite à ce discours. C’est aussi bien cette confrontation que l’obligation de faire face à des situations conflictuelles que nous considérons comme acte menaçant qui fait violence. En effet, l’exposition publique de ces thématiques et, par là, l’exposition du public à ces thématiques a pour caractéristique principale de déborder le cadre du seul discours informatif. Les messages présentant des scènes de violence et des sujets délicats à des fins éducatives font preuve de circonspection dans l'utilisation de signes explicites relatifs à la violence ou à la transgression des normes.
Le discours préventif s'appuie sur des moyens subtils afin de frapper la conscience du récepteur. En effet, il s’agit de le forcer à une prise de conscience, de l’empêcher de fermer les yeux, par des images réelles et négatives. A travers notre analyse, nous découvrirons une nouvelle dimension de la publicité qui se distingue par son caractère déroutant.

 

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